La matière animale figure
parmi les premiers supports à l’expression artistique
humaine. Dès le Paléolithique, l’Homme
grave des plaquettes d’os, sculpte sur le bois de cerf
ou sur l’ivoire. Mais ces matériaux sont aussi
rapidement le support d’outils pour la chasse, tels que
harpons et hameçons, propulseurs et pointes de sagaies.
Ces utilisations perdureront,
même lorsque la métallurgie du bronze puis du
fer étendront la gamme des matériaux disponibles.
L’os issu des animaux consommés, le bois de cerf
ramassé après la mue ou coupé sur le crâne
de l’animal abattu, restent une ressource abondante et
facile d’accès. La corne est également
travaillée, mais sa conservation est exceptionnelle.
À l’époque
gauloise, les ateliers spécialisés sont situés
dans les quartiers artisanaux liés aux premières
agglomérations, les oppida, places souvent fortifiées
qui concentrent le pouvoir politique et religieux. Mais dans
les campagnes, cet artisanat est pratiqué plus ponctuellement
et répond avant tout aux besoins immédiats des
agriculteurs qui exploitent les fermes. Dans le courant du
Ier siècle avant J.-C., le bois de cerf se fait plus
rare, sans doute parce que la pression humaine a repoussé l’animal.
On fabrique des aiguilles, des poinçons, des manches
de couteau (plaquettes d’os rivetées ou manche
plein en bois de cerf), des perles et des anneaux, des dés,
plus rarement des sifflets ou des flûtes.
C’est à l’époque
gallo-romaine, que l’activité de tabletterie se
développe réellement avec la généralisation
des ateliers spécialisés, situés à proximité d’une
activité bouchère liée aux centres urbains
et qui fournit une matière première abondante.
La palette d’objets est alors très étendue
et concerne surtout la parure (épingles, peignes, cuillères à fard,
pendeloques aux formes variées, boucles de ceinture),
mais aussi le jeu (dés, jetons) et même l’ameublement
(charnières de coffre, plaquettes décoratives).
Avec les Romains, l’utilisation du tour se généralise
pour la fabrication des épingles et des jetons.