Lorsque les
Romains arrivent dans nos régions après la conquête
de la Gaule par César, différents changements se
font sentir dans plusieurs domaines. L'alimentation n'échappe
pas à ces changements, en tout cas pour une certaine catégorie
de population.
Les sources d'information
Plusieurs types de
sources permettent d'approcher ce que devaient être les composants
alimentaires de l'époque. Les fouilles archéologiques
ont permis d'identifier des ossements d'animaux, des graines, etc.
Des illustrations d'aliments ou de scènes de repas, sur des
peintures murales et des mosaïques, ainsi que des scènes
de chasse et de vendange sont également intéressantes à examiner.
Mais ce sont surtout
les témoignages littéraires, quoique rares pour nos
régions, qui permettent de reconstituer la fine cuisine de
l'époque. Le plus important est le livre de cuisine d'Apicius
(gourmet qui vécut sous le règne de Tibère).
Les traités d'agriculture de Caton (234-149 av. J.-C.), Varron
(116-27 av. J.-C.), Columnelle (Ier s.) et Palladius (VIe s.) donnent
des informations sur les ingrédients utilisés. L'ouvrage
de Pline l'Ancien (23/24 - 79 apr. J.-C.) sur l'Histoire naturelle
et les descriptions de festins chez les riches Romains (tel le festin
de Trimalchion décrit par Pétrone, Ier siècle)
nous éclairent également sur les pratiques culinaires
de l'époque.
Le régime
ordinaire se composait essentiellement de céréales
(orge, blé) et de légumes (fèves, pois chiches,
chou, ...). Mais pour leurs festins, les Romains se sont largement
inspirés des recettes des Grecs et sont parvenus à un
raffinement qui transparaît dans les recettes d'Apicius.
Les Romains appréciaient
la cuisine parfumée et bon nombre d'herbes et plantes aromatiques étaient
utilisées : persil, bourrache, cerfeuil, coriandre, aneth,
fenouil, menthe, thym, ail, oignon, poireau, échalote, hysope,
romarin, sauge, sarriette, marjolaine, radis, ... Le garum (sauce
obtenue par macération du poisson dans le sel, très
en vogue chez les Romains) et le poivre piquant sont des constantes
dans l'alimentation, mais certains mets étaient aussi agrémentés
de saveurs aigres-douces grâce au miel, aux dattes, raisins
secs, pruneaux ou vin, parfois aigre.
La reconstitution
de recettes romaines n'est pas aisée : les textes antiques
se réduisent souvent à une liste d'ingrédients,
sans indication de proportions ni temps de cuisson et certains mets
n'existent plus (tel le garum remplacé par du nuoc mam).
Les recettes
Agneau
au naturel / Agnu Simplice
Prenez environ 800
g d’agneau dans le gigot que vous détaillerez en morceaux
de la taille d’une grosse bouchée (comme pour une brochette).
Faites rapidement revenir dans l’huile d’olive et ajoutez 2 cuillères à soupe
de nuoc mam, 10 cl de vin blanc, 10 cl d’eau, la partie verte d’un
poireau finement hachée et 3 brins de coriandre.
Faites cuire à découvert, en retournant les morceaux et servez
un peu rosé, ou bien cuit comme le préféraient sûrement
les Romains (Excerpta 27).
Boulettes
de fromage / Globi
Caton 79 (adaptation
contemporaine)
Prenez 1 kg de fromage
de campagne frais à 40% de matière grasse (ou mieux
encore une brousse de brebis fraîche).
Laissez-le égoutter dans une étamine pendant quelques heures.
Dans une terrine,
mettez 4 cuillerées très pleines de la semoule la plus
fine (ou éventuellement de farine) et sensiblement le même
volume ou un peu plus de fromage ; salez légèrement.
Faites-en une pâte que vous laisserez reposer une heure ; si elle est
dure, assouplissez-la avec un peu d’eau.
Chauffez de l’huile
d’olive ou du saindoux et, à l’aide d’une
petite cuillère, laissez tomber des beignets de la taille
d’une noix dans la friture.
Laissez-les dorer, puis égouttez-les et déposez-les sur un
papier absorbant.
Pour déguster, roulez ces beignets dans du miel que vous aurez fait
chauffer pour le liquéfier ; puis saupoudrez-les de 2 à 3 cuillères
de graines de pavot légèrement grillées à sec
dans une poêle et concassées au mortier pour leur permettre
d’exhaler leur parfum.
Vous pouvez remplacer les graines de pavot par des graines de sésame
grillées.
Caton n’en parle pas, mais le sésame était fort employé dans
la pâtisserie et peut constituer une variante.
Les résultats
seront meilleurs, avec de la semoule, la farine n’est qu’un
pis aller (Caton 79).
Pour 4 personnes
500g de crevettes
roses cuites
Nuoc-Mâm
Quelques feuilles de laitue ou autre salade…
Poivre, vinaigre, huile d'olive
Décortiquer les crevettes,
les tronçonner et les piler au mortier ou bien les mixer
légèrement.
Ajouter 2 cuillerées à café de nuoc-mâm et bien
mélanger.
Façonner les boulettes dans la paume de la main.
Servir avec la salade et la vinaigrette.
Placez dans une patina
les pousses de choux (brocolis) bouillies, assaisonnez-les de garum,
d'huile, de vin pur, de cumin.
Saupoudrez de poivre, de poireau, de cumin, de coriandre verte émincés.
Chevreau ou agneau rôti assaisonné cru
/ Headus sive agnus crudus
Frottez-le d'huile,
de poivre et saupoudrez-le à l'extérieur de beaucoup
de sel pur et de graines de coriandre.
Mettez au four, une fois rôti, servez.
Pour 4 personnes
4 concombres
1 cuillère à café de miel
1 verre de vin cuit
1 cuillère à soupe de garum (nuoc-mâm)
1 cuillère de vinaigre
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
une pincée de poivre
Faites revenir à l'huile
dans une cocotte des concombres pelés( ?) coupés en
rondelles.
Ajoutez du poivre, du miel, du vin cuit, du garum et du vinaigre.
Servez chaud.
Crépinettes
/ Esicia omentata
Apicius 48 (adaptation
contemporaine)
Mélangez intimement
600 g de viande de porc hachée (ou de mouton si vous préférez)
avec 1/4 de son volume en mie de pain trempée dans du vin
blanc doux (muscat), puis exprimée.
Pilez ensemble 1 petite cuillère de poivre et, si vous en avez, autant
de baies de myrte épépinées, et 1 cuillère de
nuoc mam.
Amalgamez le contenu du mortier à la viande et formez dans le creux
de la main des boulettes que vous fourrerez chacune d’1 petite cuillère
de pignons et d’1 ou 2 grains de poivre entiers.
Arrosez-les de quelques gouttes de muscat, enveloppez-les de crépine
et faites-les griller à la poële avec de l'huile d'olive.
A rapprocher des kefte de forme fuselée du Moyen-Orient, faits de
viande pilée, liée avec du blé concassé et farcis
de pignons à la cannelle.
On soupçonne la similitude du geste.
Pour 4 personnes
12 pêches à chair
blanche
1 cuillère à café de poivre
1 cuillère à café de garum (nuoc-mâm)
1 cuillère à café de miel
1 cuillère à café de vinaigre
1 verre de vin paillé
1 verre de bon vin rouge
1 bouquet de menthe
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
2 cuillère à soupe farine
Choisissez des petites pêches
précoces à la chair encore dure.
Pelez-les, dénoyautez-les et passez-les à l'eau froide avant
de les disposer dans une cocotte.
Préparez un assaisonnement en pilant du poivre et de la menthe sèche,
que vous mouillerez au garum, en y ajoutant du miel, les deux vins et le
vinaigre.
Versez sur les pêches, en allongeant un peu d'huile.
Faites cuire à feu doux (30mn).
Après ébullition, liez avec de la farine, poivrez puis servez.
Après avoir fait cuire le
jambon à l'eau avec beaucoup de figues sèches et
3 feuilles de laurier, détachez la couenne et faites des
incisions en carrés, que vous remplirez de miel.
Enrobez ensuite le jambon d'une pâte faite de farine, d'eau et d'huile,
lui rendant ainsi la peau.
Quand la pâte sera cuite, retirez du four et servez.
Lièvre
aux épices / Leporum conditum
Faites cuire dans
du vin, du garum, de l'eau, un peu de moutarde, de l'aneth, un poireau
avec sa chevelure.
Quand il est cuit, assaisonnez avec : poivre, sariette, une rouelle d'oignon,
des dattes, deux pruneaux de Damas, du vin, du garum, du carenum et un peu
d'huile.
Liez la sauce à la fécule, faites bouillir légèrement.
Répandez la sauce sur le lièvre dans son plat.
Minutal
d'abricots / Minutal ex praecoquiis
Commencez par préparer
une pâte pas trop souple avec 1 verre de farine ordinaire,
de l’eau et 1 pincée de sel.
Laissez reposer.
Pendant ce temps,
coupez en dés 800 g de palette cuite ou de petit-salé cuit
et faites-les revenir dans un peu d’huile d’olive avec
4-5 échalotes hachées.
Ajoutez 1 pincée de cumin, 2 fortes pincées de menthe sèche
pulvérisée, 4-5 bons brins d’aneth hachés (ou
1 cuillerée à café rase de graines) et 1/2 verre de
muscat.
Salez au nuoc mam et poivrez.
Laissez cuire quelques minutes et ajoutez 750-800 g d’abricots frais
dénoyautés.
Lorsqu’ils seront cuits, rectifiez l’assaisonnement à l’aide
de miel, de vin doux et de vinaigre.
Emiettez la pâte,
en la pressant contre le fond d’une passoire au-dessus de la
cocotte, ou en la râpant.
Les petits boudins de pâte en cuisant absorberont le jus en excédent.
Hors saison, cette recette peut aussi se réaliser avec des abricots
secs, mais il faut alors modifier les proportions de miel et de vin paillé et éventuellement
celles du vinaigre.
On peut également garder au minutal une légère sauce.
(Apicius 170).
Pour 4 ou 6 personnes
300g de fromage frais
de chère ou de brebis
2 poignées de pignons de pin ou d'amandes décortiquées
ou de graines de sésame
1 dixaine de feuilles de menthe ou de persil ou d'aneth
Huile d'olive, vinaigre
Poivre et miel
Faire légèrement
griller au four les pignons et/ou autres graines.
Mettre le fromage dans un saladier et le lisser.
Ajouter les fruits secs pillés, une cuillère à café de
vinaigre, une cuillère à soupe d'huile, 2 ou 3 pincées
de poivre et bien mélanger.
Ciseler les aromates et incorporer.
Ajouter un peu de miel.
Mouler des parts de fromage dans des bols et les conserver 2 heures au réfrigérateur.
Démouler et servir.
Œ ufs
mollets sauce aux pignons
Pour 4 personnes
4 œufs
4 cuillères à soupe de pignons
1 cuillerée à café de miel liquide
1 cuillerée à soupe de nuoc-mâm
1 cuillerée à soupe de livèche ou
6 feuille de céleri hachées
Poivre
Faire gonfler les
pignons de pin dans un peu d'eau tiède.
Faire cuire les œufs mollet, c'est à dire 3 mn à l'eau
chaude.
Pendant que les œufs refroidissent, préparer la sauce.
Utiliser un mortier ou un robot, piller ou mixer les différents ingrédients
avec un peu d'eau jusqu'à obtenir une sauce lisse.
Parer les œufs, les couper en 2 et servir avec la sauce.
Patina
La patina est un
plat sucré ou salé que l'on retrouve fréquemment
dans la cuisine romaine.
C'est une espèce de flan qui existe notamment aux asperges, aux
laitues, aux épinards, aux abricots, aux pommes, aux prunes et aux
poires.
Patina
d'asperges / Patina de Asparagis
Mettez dans un mortier
des bouts d'asperges qu'on retranche d'ordinaire, pilez, versez du
vin et passez au tamis.
Pilez du poivre, de la livèche, de la coriandre verte, de la sariette,
de l'oignon, du vin, du garum et de l'huile.
Transvasez la purée dans une casserole graissée et, si vous
voulez, délayez-y des œufs sur le feu pour lier.
Saupoudrez de poivre.
On peut faire le même plat avec des concombres disposés selon
le goût, sur un lit de chair de poisson ou de poulet.
Patina de coings / Patina de Cydoneis
Faites cuire les
coings avec des poireaux, du miel, du garum, de l'huile, du defritum
et servez.
On peut aussi les faire cuire à l'eau.
Patina
de poires / Patina de piris (1)
Apicius 162 (adaptation
contemporaine)
Cuisez 1 kg de poires
bien mûres et pelées dans un verre de vin blanc doux
(muscat) avec 3 à 4 cuillères de miel, une petite cuillère
de "Nuoc-Mam" et une pincée de poudre de cumin.
Battez 6 œufs et mélangez-les aux poires grossièrement écrasées.
Donnez quelques tours de moulin à poivre et enfournez dans un plat à gratin
huilé pour 40 minutes à feu moyen.
Essayez également avec d'autres fruits (prunes, fraises, pêches,...).
Patina de poires
/ Patina de piris (2)
1 kg de poire
Vin doux : Porto ou Muscat
6 oeufs
Miel
Nuoc-mâm
Cumin, poivre
Prendre un kilo de
poires, les éplucher, les partager en deux.
Retirer la queue, évider l'intérieur pour éliminer les
pépins et découper en petits dés.
Disposer les poires dans une casserole avec un demi-verre de vin très
doux (muscat ou porto), 4 cuillères à soupe de miel, une cuillère à soupe
de garum (Nuoc Mam ou éventuellement sel), 2 cuillères à soupe
de cumin (si possible en poudre) et poivrer.
Cuire jusqu'à ce que les poires deviennent tendres.
Retirer du feu, laisser
tiédir.
Mélanger le tout dans un bol avec six oeufs.
Verser la préparation dans un plat à gratin préalablement
beurré ou huilé.
Mettre au four (préchauffé à 220 degrés environ)
durant une quarantaine de minutes.
Servir froid de préférence.
Patina
de soles / Patina solearum
Battez des soles, après
les avoir nettoyées, placez-les dans une patina.
Ajoutez-y de l'huile, du garum et du vin.
Pendant la cuisson, pilez du poivre, de la livèche, de l'origan.
Arrosez de jus de cuisson, avec des œufs crus faites un tout homogène.
Versez sur les soles, faire cuire à feu doux.
Quand la sauce sera épaisse, saupoudrez de poivre et servez.
Petits
fromages au miel
Sucrez le lait avec
du miel, mélangez bien et versez-le dans une jatte.
Laissez cailler.
En hiver, et si vous utilisez du lait de commerce pasteurisé, posez
la jatte sur un radiateur et ajoutez quelques gouttes de présure,
que l’on peut trouver en pharmacie.
Mais cette recette convient particulièrement bien à l’été :
vous pourrez faire cailler le lait au soleil, dans une jatte couverte, “à la
romaine”, avec du lait de figuier, cette sève blanche qui sort à la
cassure des feuilles ou des jeunes rameaux.
Si le temps vous manque, vous pouvez toujours “romaniser” le
fromage blanc du commerce en ajoutant du miel à votre goût,
mais la saveur du fromage au lait miellé est incomparable : la différence
est perceptible dans les laitages industriels sucrés avant le caillage.
A Rome, on utilisait surtout des faisselles en jonc : on en faisait aussi
en bois et en terre cuite qui portaient au fond un motif, décoratif
ou indiquant la provenance du fromage, comme c’est le cas aujourd’hui
encore, mais sur les étiquettes (Athénée XIV 647).
Poireaux
/ Porros maturos
Mélangez dans
1 litre d’eau, 1/2 verre d’huile et une petite poignée
de gros sel.
Faites-y cuire les poireaux.
Egouttez-les et assaisonnez d’une sauce composée de 2 cuillerées
d’huile, 1 cuillerée de nuoc mam et 2 cuillères de vin
blanc capiteux (Apicius 93).
Poisson à l'étouffée
/ Iusce Pisce elixo
Prenez un beau mulet
muge de la Méditerranée.
Après l’avoir soigneusement écaillé, roulez-le
dans un mélange de 2 cuillerées de graines de coriandre concassées
et 1 cuillerée de gros sel.
Cuisez votre poisson dans une cocotte, ou une terrine dont vous aurez scellé le
couvercle au moyen d’une pâte de farine et d’eau, ou, à défaut,
dans une vaste papillote d’aluminium.
Mettez au four moyen.
La durée de cuisson dépend de l’épaisseur du poisson.
Au moment de servir, arrosez de vinaigre de vin (le citron n’apparaît
pas dans les assaisonnements antiques).
A défaut de mulet, un morceau de congre ou de cabillaud fera l’affaire.
(Apicius 437)
Poulet à la
fronton / Pullum Frontinanum
Ingrédients
:
- 1 poulet pour 6 pers.
- Un peu d'eau
- 1 cuill. à soupe d'huile d'olive
- 3 gouttes de garum (Nuoc Nam)
- 2 poireaux
- quelques branches de coriandre et d'aneth
- 1 pincée de poivre
- 5 dl de Porto
- la note de l'ATEA : 1 branche de céleri
Comment qu'on fait
?
Cuire le poulet au four, sans ajouter de sel, seulement avec un filet d'huile
d'olive.
Lorsqu'il est presque cuit, le sortir du four et le découper en morceaux.
Faire dorer les morceaux dans l'huile dans une cocotte.
Ajouter ensuite l'eau, les poireaux hachés grossièrement, la
coriandre et l'aneth, le poivre, le céleri et le garum.
Couvrir et laisser cuire à feu doux pendant 1/2 heure (le temps que
le poulet finisse de cuire).
Ajouter le Porto et laisser mijoter un instant.
Le plat peut être servi accompagné de carottes ou de champignons.
Poulet à la
varda / Pullus Vardanus
Placez à cuire
dans une cocotte un poulet de 1,3 kg environ avec un poireau, un
gros bouquet de coriandre et 1 cuillère de sarriette séchée
; mouillez de 3 verres de vin blanc, 1 verre de nuoc mam et 1/2 verre
d’huile d’olive.
Cuisez en retournant la bête dans ce jus allongé.
Peu avant la fin de
la cuisson, broyez au mortier 100 g de pignons avec 2 blancs d’œufs
durs que vous lierez en cours d’opération avec 2 cuillerées
de lait et environ 1 verre de jus de cuisson ; poivrez généreusement
; vous obtiendrez une crème blanche parfaitement lisse dont
vous pourrez napper le poulet au moment de le servir ou, si vous
le préférez, présenter cette sauce à part,
en accompagnement (Apicius 247).
Poulpe
/ In Polipo
Lavez un gros poulpe
de 1 à 1,3 kg très soigneusement, car il reste souvent
du sable dans les ventouses.
Eliminez les viscères, les yeux et le bec.
Mettez-le dans une sauteuse à fond épais et couvrez.
Faites suer à feu doux.
Il rougit et rend beaucoup de liquide.
Lorsqu’il est tendre, sortez-le et laissez refroidir.
Arrosez d’une sauce faite de 2 cuillerées d’huile d’olive
et d’autant de nuoc mam, à laquelle vous ajouterez prudemment
environ 10 gouttes de teinture-mère d’Asa foetida et du poivre
en abondance.
(Apicius 412)
Cette restitution se
base sur une recette corse : “Dans une poêle légèrement
huilée, cuire le poulpe jusqu’à épuisement
du liquide rendu.
Servir chaud avec un filet d’huile d’olive, du jus de citron
et beaucoup de poivre”.
Salade
composée à l'hypotrimma
Pour 6 personnes (prévoir
un assortiment de salades de saison)
Pour la sauce :
100 g de fromage fermier non salé
2 cuillères à café de miel
1 dl de vinaigre
1 dl de garum (nuôc mam)
5 dl d'huile d'olive
1 dl de Porto ou de Malaga
Aromates et condiments
:
Poivre au moulin
Livèche
Menthe
Pignons
Raisins sec
Dattes
Trier et laver soigneusement
les salades. Les égoutter. Réserver au frais.
Préparer la sauce: piler les éléments savoriques (livèche,
menthe).
Dans un saladier, écraser le fromage et y incorporer le miel.
Détendre avec le vinaigre, le garum, l'huile d'olive, le vin blanc,
le defritum.
Bien mélanger afin d'obtenir un mélange homogène.
Ajouter le poivre moulu et les éléments savoriques.
Vérifier l'assaisonnement.
Disposer les salades. Assaisonner avec la sauce.
Garnir avec les pignons, les raisins secs et les dattes dénoyautées
et coupées en lamelles.
Servir bien frais, en entrée.
Cette sauce convient également pour l'assaisonnement des poissons
et des patellas.
Sanglier
Pilez du poivre, de
la livèche, de l'origan, des baies de myrte dénoyautées,
de la coriandre et des oignons; mouillez de miel, de vin, de garum*
et d'un peu d'huile, faites chauffer et liez avec de la fécule.
Arrosez de cette sauce le sanglier après l'avoir cuit au four.
Procédez de même aussi pour toute espèce de venaison.
Sauce
Blanche / Ius candidum
Faites cuire des œufs
durs, ôtez les jaunes, mettez les blancs dans un mortier avec
du poivre blanc, des pignons, du miel, du vin blanc et un peu de
garum.
Pilez et mettez à bouillir dans un récipient.
Sauce
pour le sanglier / In apro
Piler poivre, de la
livèche, de l'origan, des baies de myrte épépinées,
de la coriandre et des oignons.
Versez du miel, du vin, du garum, un peu d'huile.
Faites chauffer et liez à la fécule.
Arrosé de cette sauce, le sanglier cuit au four.
Sauce
pour les huîtres / in ostreis
Ecrasez 2 jaunes d’œuf
avec 5-6 feuilles de livèche ciselées, délayez
avec 2 cuillerées de nuoc mam, la même quantité de
vinaigre et autant de vin blanc.
Ajoutez 1 petite cuillère de miel (facultatif mais très intéressant)
puis battez avec 1/2 verre d’huile (de préférence de
l'huile d'olives) comme pour n’importe quelle vinaigrette.
Poivrez allègrement.
Il convient de préparer ce mélange à l’avance
pour donner aux herbes le temps d’infuser.
Cette sauce douce s’utilise à raison
de quelques gouttes par coquillage, comme vous le feriez pour du
citron, afin d’allier la saveur du mollusque aux aromates sans
sacrifier l’un des deux (Apicius 413).
Sauces
pour les salades / Hypotrima
Poivre, livèche,
menthe sèche, pignons de pin, raisins secs, dattes, fromages
non salés, miel, vinaigre, garum, huile, defritum ou carenum.
Sauce
pour les viandes bouillies / Ius in exilam
Poivre, persil, garum,
vinaigre, dattes caryotes, petits oignons et un peu d'huile.
Faire chauffer la sauce pour napper les viandes.
Truffes
/ Tubera
Cuites à l'eau
et assaisonnées de poivre, menthe, rue, miel, un peu de vin.
Sauce chaude.
Vin
chaud
On met quinze livres
de miel dans un récipient de bronze où on aura préalablement
versé deux setiers de vin, de façon à réduire
le vin en faisant cuire le miel.
On chauffe doucement sur un feu de bois sec, on agite avec une spatule pendant
la cuisson.
Si cela se met à bouillir, on arrête en arrosant de vin, mais
le liquide retombe aussi, quand on le retire du feu.
Quand il a refroidi, on le remet au feu.
On procède ainsi une seconde et une troisième fois ; on retire
enfin du feu et on écume le lendemain.
On ajoute alors quatre onces de poivre déjà pilé, trois
scrupules de mastic, une drachme de feuille de nard et une de safran, cinq
noyaux de dattes torréfiées, avec les dattes ramollies dans
du vin, en arrosant d'abord de vin de qualité et quantité convenables
pour adoucir le mélange.
Ceci fait, on verse sur le tout, dix-huit setiers de vin doux.
On traitera au charbon le produit obtenu.
Lexique
DEFRITUM ou DEFRUTUM
: jus de moût de raisin cuit avec des aromates.
DRACHME : unité de poids de la Grèce ancienne
GARUM : jus de poisson longuement macéré, comparé généralement
au nuoc-màm, condiment universel.
LASER : ombellifère abondante en Afrique du Nord.
LIVECHE : ombellifère, proche du céleri.
MASTIC : résine d'arbrisseau cultivé au Proche Orient.
NARD : graminée des près
PATINA : le récipient, poêlon ou marmite donne son nom au plat.
SCRUPULES : poids de 24 grains
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