Les travaux récents des archéozoologues
permettent d’affiner notre perception de la nourriture gauloise.
Ainsi, il a été démontré que selon le statut
social, l’alimentation diffère. L’âge d’abattage,
et leur fréquence, qualifie le degré dans la hiérarchie,
les animaux jeunes et tendres caractérisant les niveaux plus élevés.
De plus une hiérarchie classe les animaux. Le porc est probablement
le plus côté, alors que le cheval et le bœuf semblent
se situer à un niveau inférieur ; les moutons seraient
en position intermédiaire (le chien peu consommé (1%)
s’apparente au porc). Par ailleurs, les morceaux servent aussi à la
hiérarchie : les côtes et les filets s’opposent
aux pieds qui sont des pièces peu appréciées.
Soulignons enfin que des évolutions s’observent selon
les périodes, mais aussi selon le type de site (agglomération,
village, ferme). En outre, il est probable que des différences
régionales existent (voir le cas de l’hypophagie mentionné précédemment).
Les carpologues, eux, travaillent sur les vestiges
des plantes conservés
soit par minéralisation soit surtout par carbonisation. Ils
peuvent donc retrouver les espèces qui ont été cultivées/récoltées.
Pour le Nord de la France, les agriculteurs gaulois exploitent essentiellement
des graminées et des légumineuses. Les céréales
ou graminées domestiques, comprennent quatre principales espèces
de blés (l’engrain, l’amidonnier, l’épeautre
et le froment), mais aussi de l’orge à grains nus et
vêtus, l’avoine cultivée, le millet commun et
le millet des oiseaux. Le seigle semble être encore une mauvaise
herbe (il sera cultivé à partir du Ier siècle
de notre ère). Au niveau des légumineuses, la lentille,
le pois, la féverole, l’ers et la vesce cultivée
sont recensés. Si toutes ces espèces sont représentées
pour l’époque gauloise, elles n’ont pas la même
importance. Ainsi le blé amidonnier et l’orge vêtue
sont très fréquents en Picardie et Ile-de-France durant
toute la période gauloise. Le millet, à l’inverse,
décroît à partir du IIIe siècle av. J.-C.
et il a pratiquement disparu au Ier siècle avant J.-C. L’avoine
cultivée semble très discrète du Ve au Ier siècle
avant J.-C. En Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine le blé é peautre
supplante l’amidonnier, et l’engrain est encore cultivé comme
l’orge vêtue. En Haute et Basse-Normandie se sont l’amidonnier
et l’orge vêtue qui dominent, l’épeautre étant
plus secondaire. Les lentilles, pois féverole, l’ers
et la vesce cultivée paraissent tenir un rôle plus mineur.
Les plantes oléagineuses et/ou textiles (le pavot, le lin
et la caméline) et des condiments comme le poivre d’eau,
la ravanelle et la moutarde noire sont rarement attestés.
Les plantes aromatiques orientale et méditerranéenne
telle que le fenouil, l’origan, la sarriette ou la coriandre
garniront les tables uniquement à partir du changement d’ère.
Certaines plantes sauvages ont pu être ramassées car
leurs feuilles peuvent se consommer en salade ou bouillie (les renouées,
arroches, mauves et particulièrement les chénopodes
blanc). Rappelons que les feuilles ne se conservent pas malheureusement.